dimanche 5 juin 2016

Je suis INDESTRUCTIBLE!

A l'heure où j'écris cet article j'ai une pensée émue et solidaire pour toutes ces femmes, tous ces hommes, tous ces enfants, tous ces animaux qui ont été, sont ou seront abusés sexuellement.
Il est insoutenable que notre Humanité (oui je dis bien Humanité avec un grand H) ne parvienne plus à prendre le pas sur l'horreur, l'insensibilité, l'"inconscience" inouïe de certains êtres.
J'ai de plus en plus de mal à vivre dans ce monde sans avoir la nausée face aux informations qui circulent sur le net et surtout face aux actes barbares de celles et ceux qui se fondent dans la masse de nos sociétés.
Il y a peu j'ai vu circuler une notification sur le réseau social facebook, où nous pouvions lire qu'une jeune femme brésilienne était tombée dans un guet-apens, avait été droguée (il me semble) puis violée par plus de 30 hommes. En cliquant sur le lien, je suis arrivée sur une page qui s'appelle "je suis indestructible" et il y était fait appel à des témoignages de victimes de viol. Au Bresil les femmes ont manifesté dans plusieurs villes après ce viol.
C'est cette phrase "je suis INDESTRUCTIBLE" qui m'a interpellée et fouillée de l'intérieur, j'étais emplie de cette émotion d'empathie mais aussi de fierté, fierté en solidarité avec toutes celles et tous ceux qui ont eu à connaitre l'horreur de cette violence faite à leur corps et qui cependant sont parvenus à survivre avec ça et à se relever avec honneur. Je suis admirative de la force et de ces victimes.
Le mouvement "je suis INDESTRUCTIBLE" est parti (si j'ai bien tout compris) du Canada. Les mots qu'il contient c'est comme un pied de nez à ceux qui ont voulu salir ces femmes et ces hommes et qui n'y sont pas parvenus.



Cette "affaire" a fait écho en moi parce que mon obésité de base est aussi lié à des attouchements subis par un de mes beaux-frères quand j'étais encore enfant. Je n'ai pas subi l'atroce acte qu'est le viol mais cet homme a touché mon corps tandis qu'il se transformait en un corps de femme, j'ai vu la lueur lubrique faire vaciller ce beau-frère, j'ai eu la peur au ventre pendant de nombreuses années chaque fois que je le croisais et qu'il tentait de me coincer quelque part.
J'ai transformé mon corps en armure censée chasser le regard concupiscent des hommes...
Et je sais pour en avoir parler à bon nombre d'autres jeunes femmes rondes ou moins rondes que bien souvent derrière certaines fêlures se cachent aussi des abus. Des abus qu'on ne parvient pas toujours à extraire de soi...comme si ce jour là la main qui vous empêchait de crier avait aussi enfoncer les mots/maux tout au fond de vous et que vous étiez incapables de les faire ressortir.
Si vous avez été victime et que vous avez toujours tu cette immense douleur, peut être est-il temps de chasser ces démons qui gardent votre bonheur hors de votre portée. Vous êtes les victimes et non les responsables de ce qui vous est arrivé. Témoignez, vivez, et soyez enfin heureux/heureuses! Ne soyez plus prisonniers/prisonnières de ce carcan qu'on vous a imposé! Libérez vous enfin et soyez INDESTRUCTIBLE!
Je vous embrasse...prenez soin de vous et aussi de celles et ceux qui vous entourent, peut être que si vous n'êtes pas victime vous même, vous pouvez aider quelqu'un!
J'espère que ce texte aura cette portée là.

Natalouschka

12 commentaires:

  1. Je suis un homme d'une quarantaine d'années.

    J'ai subi des abus sexuels, les uns incestueux et les autres non incestueux, pendant toute mon enfance. J'ai été violé (pas par des hommes de ma famille). Il paraît que je serais un "no life". Je n'ai eu que quelques rapports sexuels dans toute ma vie.

    Ce mouvement d'indestructibles m'agace. C'est comme si on me disait "nous nous en sortons mais pas toi, tu es nul".

    Je connais plusieurs personnes ayant été abusées. Celle qui s'en sortent le mieux sont celles qui n'ont souffert que d'abus légers, ou dont le viol fut un accident. Ceux comme moi qui ont été régulièrement battus, régulièrement abusés, régulièrement menacés et qui ne pouvaient rien faire pour s'échapper s'en tirent en général moins bien. En plus, quand je suis avec une femme, j'ai peur pour elle. Je fuis pour la protéger.

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    1. Bonjour !

      Je suis l'instigatrice du projet Je suis indestructible. J'ai été moi-même victime de 4 agresseurEs : 3 hommes et une femme.
      Dans ces agressions, certaines se sont perpétuées sur des années, de façon incestueuse.

      L'expression "je suis indestructible" se veut une façon de se ré-approprier un certain pouvoir sur sa vie à travers - entre autre - le témoignage exutoire. D'autres victimes/sirvivantEs prennent plus de temps à en arriver à cette étape dans leur processus de guérison et tristement, d'autres pas.

      De mon côté, je sens que je survis, que je suis vivante malgré les horreurs vécues.

      Je vous invite à lire les différents témoignages sur notre site afin de vous familiariser avec les différentes réalités de chaque personne ayant subi de la violence à caractère sexuel : www.jesuisindestructible.com

      - Tanya, de l'équipe JSI

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    2. Bonjour !

      Je suis l'instigatrice du projet Je suis indestructible. J'ai été moi-même victime de 4 agresseurEs : 3 hommes et une femme.
      Dans ces agressions, certaines se sont perpétuées sur des années, de façon incestueuse.

      L'expression "je suis indestructible" se veut une façon de se ré-approprier un certain pouvoir sur sa vie à travers - entre autre - le témoignage exutoire. D'autres victimes/sirvivantEs prennent plus de temps à en arriver à cette étape dans leur processus de guérison et tristement, d'autres pas.

      De mon côté, je sens que je survis, que je suis vivante malgré les horreurs vécues.

      Je vous invite à lire les différents témoignages sur notre site afin de vous familiariser avec les différentes réalités de chaque personne ayant subi de la violence à caractère sexuel : www.jesuisindestructible.com

      Tanya, de l'équipe JSI

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    3. Merci beaucoup Tanye, pour tout...<3

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    4. Bonjour, Tanya.

      Permettez-moi, je vous prie, d'exprimer d'abord la peine que j'éprouve à lire ce que vous avez vécu. Mon cœur en bat à toute vitesse et j'en ai la larme à l'œil.

      Et pourtant je crois devoir dire ce que j'éprouve en découvrant ce mouvement Je suis indestructible.

      D'abord, je ne vois que des femmes sur cette photo. Peut-être n'est-ce pas votre choix. Si l'on me proposait de participer à un défilé où des femmes exhibent leurs charmes pour protester contre un viol, je trouverais cela malsain, et peut-être beaucoup d'hommes ont-ils réagi comme moi, ce qui expliquerait cette anomalie. Selon certaines études, il pourrait y avoir à peu près autant de garçons abusés que de filles, et, à cause des viols en prison, le nombre d'hommes violés serait supérieur au nombre de femmes violées. Je note que, très honnêtement, dans votre commentaire vous mentionnez des victimes des deux sexes, d'ailleurs.

      L'anomalie de la présence exclusive de femmes sur cette photo est un petit problème. Voici que ces femmes se dénudent, pour le plaisir des voyeurs et pour le malaise des pudiques. La promiscuité qui les rapproche ne fait pas ressembler cette manifestation à un défilé de syndicalistes. Les expressions qu'on lit sur les visages de ces femmes donnent un spectacle de bacchanales plutôt que de quoi que ce soit d'autre. L'une d'elles porte écrit puta sur ses (très beaux) seins : je n'ai pas besoin de comprendre le portugais pour savoir ce que ce signifie. Enfin, vous dites que “L'expression "je suis indestructible" se veut une façon de se ré-approprier un certain pouvoir sur sa vie à travers - entre autre - le témoignage exutoire.” Me permettez-vous d'exprimer le malaise que j'éprouve face à une telle ambivalence ? On dirait un garçonnet qui s'est blessé et, comme un grand, ne veut pas pleurer : “Même pas mal !” Mais sa douleur serait visible. Le risque, face à des femmes qui se comportent en bacchantes sans honte, est de les prendre au sérieux, et de traduire votre mot d'ordre en “Même pas grave”.

      On pourrait faire la même chose que ce que vous faites et y donner le sens le plus abominable. Les abuseurs, si je peux en juger par ceux que je connais, éprouvent une joie immense à la détresse et à l'horreur qu'ils causent, mais, pris la main dans le sac, rejettent la faute sur la victime : “C'est pas grave, c'est que du sexe, et puis c'est une traînée”. Présenter les choses ainsi est très confortable pour eux. Vous souhaitez donner un sens opposé à vos actions, mais il est facile, quand on veut voir sous un certain angle seulement, de prendre au premier degré ce qui ne l'est pas.

      Récapitulons : vous jouez avec les pires stéréotypes des violeurs. La victime était une traînée, c'est pas grave, c'est juste du sexe…

      Vous dites aussi : “De mon côté, je sens que je survis, que je suis vivante malgré les horreurs vécues.” Je ne comprends pas vraiment. Les enfants maltraités, comme vous – et d'autres – peinent à se sentir exister. Si vous sentez que vous êtes vivante, on peut se féliciter de votre état actuel. Si vous sentez que vous survivez, il en va autrement.

      Je vous souhaite, du fond du cœur, de vous en sortir le mieux possible. J'irai sur le site que vous m'avez conseillé, www.jesuisindestructible.com , pas aujourd'hui, car votre témoignage est assez de peine pour ce jour, mais j'irai.

      Et, malgré que je ne voie pas les choses comme vous les voyez, je vous remercie pour votre commentaire.

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    5. Je sais que votre réponse ne m'est pas adressée mais je me sens la responsabilité de le faire puisque l'ensemble de l'article est de moi. C'est donc moi qui ai pris le parti de cette photo parce que je la trouvais forte, guerrière presque mais effectivement en choisissant celle ci en particulier je n'ai pas pensé à tout ce que vous avez développé comme argumentaire. J'avais bien lu "puta" et en avait tiré la même conclusion mais je crois que le cliché ne dévoile pas tout. Une inscription sur le bras transforme sans doute la phrase en négatif...Mais je me contenterai de valoriser votre esprit d'analyse et d'ailleurs je vous trouve assez juste dans ce que vous exposez dans votre texte. En tout cas ce n'est pas Tanya qui a choisi cette photo là. A cette heure ci je ne me sens pas la force de trouver un argumentaire à mon tour pour la défense de cette photo et j'avoue aussi vouloir faire amende honorable face à toutes celles et tous ceux qui comme vous auraient pu avoir une interprétation similaire à la vôtre. Tout ce que je peux vous proposer c'est de trouver une illustration que vous penserez digne pour démontrer l'idée que les lecteurs doivent en retenir. Et vous pourrez alors me confier le lien en commentaire. Je vous souhaite une belle nuit.

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    6. Merci, Natalouschka.

      Je n'étais pas revenu hier soir et n'ai lu votre réponse qu'aujourd'hui.

      Sur le bras ce n'est pas une négation, qui serait não en portugais. Aucun des mots que j'ai trouvés par un dictionnaire en ligne et s'achevant par -eta ne peut être une négation, mais comme on voit qu'il y a un autre mot plus bas tout est possible, encore que ce paraisse être un slogan différent. Ce n'est d'ailleurs qu'une partie du problème.

      Je ne connaissais pas ce mouvement avant de lire votre article et suis donc incapable de choisir une photo d'illustration, mais je vous remercie pour votre commentaire fort aimable.

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    7. Je vous en prie, c'est bien normal que j'essaie de rendre la lecture de cet article moins pesant...si une idée vous vient n'hésitez pas. Je regarderai demain pour voir comment modifier la photo.

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    8. Cher Anonyme,
      J'ai changé l'image qui vous déplaisait tant. J'espère que cela apaisera un peu cet agacement que vous ressentiez. Je vous souhaite un bon week end. Cordialement,

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  2. Bonjour,
    J'ai lu avec attention votre commentaire et je tenais juste à vous dire que je suis désolée si cet article a pu vous agacer. Je suis aussi triste pour cet enfant que vous avez été et qui reste en latence chez vous au travers de toutes ces horreurs que vous avez vécu. Je n'ai malheureusement aucune baguette magique qui me permettrait de vous guérir de ces douleurs. Même si certains s'en sortent plus facilement que d'autre (c'est mon cas) parce qu'effectivement les actes ont été moins cruels. Cependant aucun traumatisme n'est à minimiser...et au travers de ce que vous avez écrit je ne vois pas quelqu'un de nul bien au contraire...peut être vous en êtes vous sortis bien mieux que ce que vous pensez...Parce qu'il faut un mental en acier pour avoir traversé ce que vous avez traversé et avoir le courage de l'exprimer. Je vous souhaite du plus profond de mon coeur que vous parveniez à VIVRE en visant le futur...quant aux femmes de votre vie laissez leur la chance de vous montrer qu'elles peuvent se protéger sans que vous ayez à fuir pour ça.
    Amicalement,

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    1. Oui, cet article m'a agacé, mais votre commentaire est très aimable.

      Je sais bien que les épreuves que vous avez vécues ne sont pas à négliger non plus, et heureusement vous les avez surmontées. Pas sans casse, mais vous avez réussi à sauver l'essentiel, et ce n'a pas dû être facile. Des agressions sexuelles par un beau-frère, lorsqu'on est enfanten plus, ce n'est pas rien.

      Pour une femme violée par un homme, il n'est pas facile de faire confiance à des hommes. C'est par moi que je suis effaré.

      Parmi les femmes qui sourient lorsque je les regarde, il en est qui, en me découvrant davantage, me trouvent trop sombre et me fuient, ne voyant pas d'avenir dans cette noirceur. D'autres ne semblent pas voir cet aspect, et c'est alors moi qui fuis, ayant l'impression de leur mentir malgré moi, de dissimuler inconsciemment ce qu'elles ne voient pas, en général par un excès de bonté qui les rend aveugles à la noirceur, et me paraît les désarmer, ce qui renforce mon désir de les protéger et donc de m'éloigner.

      Vos conseils doivent être bons, puisque ce sont ceux que l'on me donne souvent. Il me reste à les suivre.

      Merci pour l'amabilité que vous manifestez.

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  3. Je comprends très bien que vous ayez pu trouver mon article agaçant dans la mesure où personne ne pourra jamais se mettre à votre place et comprendre tout ce qu'il vous a été donné de vivre et de continuer à vivre d'ailleurs...
    Je ne vais pas me justifier de l'avoir écrit mais juste vous dire qu'à aucun moment je n'ai voulu blesser qui que ce soit. Je suis guidée par l'optimisme, et ce mouvement m'a semblé pouvoir redonner de l'espoir à celles ou ceux qui peut être n'ont jamais reçu de main tendue. Même si vous ne vous sentez pas reconstruit vous avez vous aussi survécu. Enfin c'est ma vision avec tout le recul que j'ai bien sur.
    Quant à ce que vous appelez noirceur, j'entrevois de quoi il s'agit...mais c'est normal puisque c'est le reflet de la personne blessée à qui l'on a accordé aucune pitié quand vous étiez torturé qui prend (et c'est bien légitime...) toute la place en vous. La question importante est: Est-ce que vous vous aimez? Avez vous déjà eu l'occasion d'avoir un regard bienveillant sur vous même? (je sais la question peut paraître simplette et idiote dans un premier temps). Si je vous pose cette question c'est tout simplement parce que la première personne qui doit vous aimer pour que vous laissiez l'opportunité à une autre de le faire c'est vous même...
    En vous il y a forcément une part de lumière, voyez tout ce que vous avez accompli, laissez vous guider par ce dont vous pouvez être fier, je suis sure que vous avez de grandes et belles raisons d'être fier de vous aimer.
    Je ne prétends pas que ce sera la solution salvatrice, ni d'avoir les capacités de pouvoir vous aider...
    Ce que je lis en tout cas à travers vos lignes, c'est quelqu'un d'intelligent, qui écrit bien, qui a de l'empathie pour les autres (sinon vous ne tenteriez pas de les protéger...) et qui sans doute a une grande sensibilité, une sensibilité à fleur de peau.
    Encore une fois, je vous souhaite de trouver un apaisement dans votre vie.

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